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La pub dans ChatGPT vient d’ouvrir aux TPE. C’est le pire endroit où mettre 400 € ce mois-ci

Le 31 août, OpenAI a ouvert son Ads Manager en libre-service en France : plus d’agence, plus de seuil de 200 000 $, un clic à 3-5 $. Le calcul complet sur 400 € de test, le détail qui décide de tout (les abonnés payants ne voient aucune publicité), et le fichier de 28 lignes que j’ai écrit à la place, gratuitement.

7 septembre 2026 · 7 min de lecture

Développement commercial

Le 31 août, le dernier verrou a sauté

Il y a un fichier de 28 lignes à la racine de scaileup.com. Il s’appelle llms.txt, je l’ai écrit en une heure un soir, il m’a coûté zéro euro. Le 31 août 2026, OpenAI a ouvert son Ads Manager en libre-service aux annonceurs de 31 marchés européens, France comprise (Blog du Modérateur, 31/08/2026) : plus d’agence obligatoire, plus de palier d’entrée — le seuil de 200 000 $ qui réservait la régie aux grands comptes a disparu. Le clic, lui, se paie entre 3 et 5 $ selon les estimations d’agences publiées ce mois-ci.

J’ai posé ces deux chiffres côte à côte sur une feuille : 28 lignes gratuites d’un côté, 4 $ le clic de l’autre. J’ai décidé de ne pas acheter un seul clic ce trimestre, et je vous conseille la même chose. Pas parce que la publicité serait sale, pas parce que ChatGPT serait un mauvais canal : parce que le calcul, pour une TPE, ne tombe pas encore juste.

Voilà le calcul en entier, ce que j’ai fait à la place, et le test à passer avant de me donner tort.

Ce qui a réellement changé, et pourquoi ça a l’air taillé pour nous

Deux dates, à ne pas confondre. Le 24 août 2026, les publicités sont apparues dans ChatGPT pour les utilisateurs européens, achetées via une équipe commerciale ou une agence. Le 31 août, OpenAI a ouvert la bêta de son Ads Manager en libre-service : n’importe quel annonceur éligible crée sa campagne lui-même, sans intermédiaire et sans budget plancher.

Le fonctionnement mérite d’être compris avant d’avoir un avis. Le ciblage est contextuel, pas comportemental : en Europe, OpenAI se sert de la question posée, de la langue et d’une géolocalisation approximative. Pas d’historique de conversation, pas de mémoire, pas de profil publicitaire — le RGPD est passé par là. L’annonce s’affiche sous la réponse de l’assistant, identifiée comme sponsorisée, visuellement séparée du texte généré. À l’achat, deux objectifs : CPM ou CPC, avec un pixel et une API de conversions pour le suivi.

Et honnêtement, c’est plutôt une bonne nouvelle. Vous payez pour une intention formulée en toutes lettres — « quel électricien pour une mise aux normes à Créteil » — et non pour un profil reconstitué par un traceur. Une régie de cette taille qui s’ouvre sans budget minimum, ça n’était pas arrivé depuis les débuts de Google Ads. Je comprends très bien la tentation.

Le détail qui décide de tout : votre acheteur ne voit pas l’annonce

Seuls les utilisateurs des offres Free et Go voient les publicités. Les abonnés payants en sont exemptés — c’est même un argument de vente de l’abonnement.

Prenez trente secondes pour dérouler ce que ça implique. Le dirigeant, le responsable d’exploitation, l’acheteur qui se sert de ChatGPT tous les jours pour son travail, celui qui a une raison d’y chercher un prestataire : c’est très souvent celui qui a fini par prendre l’abonnement. Vous achetez donc, par construction, l’attention de la partie de l’audience la moins équipée et la moins engagée dans l’outil.

Quelle proportion ça représente en France ? Je n’en sais rien, et c’est le vrai problème : OpenAI ne publie pas la répartition entre comptes gratuits et payants par pays. Vous achetez un inventaire dont vous ne connaissez pas la composition, sur une plateforme encore en bêta, dont les formats et les modes d’achat peuvent bouger d’un mois sur l’autre. Ce n’est pas un scandale : c’est le prix d’entrée normal d’une régie qui démarre. Ce n’est simplement pas un prix qu’une TPE a les moyens de payer pour apprendre.

Le calcul que je refais avant chaque euro de publicité

Prenons le milieu de la fourchette, 4 $ le clic, et un budget de test modeste : 100 clics, soit environ 400 €. Cent visiteurs arrivent sur votre site. Que se passe-t-il ensuite ? Tout se joue là, et pas dans la régie.

Un site de TPE resté une vitrine convertit autour de 0,5 %. Sur 100 visites, cela donne zéro ou une demande. Coût de la demande : 400 €, dans le meilleur des cas. Le même site, une fois réparé — un message clair en haut de page, une preuve visible, une action évidente —, tourne entre 2 et 4 %. Sur les mêmes 100 visites : deux à quatre demandes, soit 100 à 200 € la demande.

Le rapport est de un à quatre, et il ne dépend pas une seconde du canal choisi. Il dépend de la page d’arrivée. Acheter du trafic avant d’avoir réparé la conversion, c’est remplir un seau percé plus vite : vous ne verrez pas le trou, vous verrez la facture. C’est l’erreur la plus coûteuse que je vois, et elle se commet toujours au moment où un canal s’ouvre — parce qu’il est nouveau, justement.

Refaites le calcul avec vos chiffres à vous. Il tient en cinq lignes, sur un coin de table :

  • Budget de test = coût du clic × nombre de clics (ex. 4 € × 100 = 400 €)
  • Demandes attendues = clics × votre taux de conversion réel, celui d’aujourd’hui et pas celui espéré
  • Coût par demande = budget ÷ demandes
  • Coût par client = coût par demande ÷ votre taux de signature (1 devis sur 3 signé = ÷ 0,33)
  • Verdict : si le coût par client dépasse votre marge sur une affaire moyenne, ne lancez pas la campagne — réparez d’abord la deuxième ligne

Ce que j’ai fait à la place, chez moi

Plutôt que d’acheter l’encart sous la réponse, j’ai travaillé à être dans la réponse. C’est le même moteur, le même moment, et ça ne se facture pas au clic.

Concrètement, trois choses. La première, ce fameux fichier llms.txt, à la racine du site. Vingt-huit lignes de texte brut qui disent à un moteur ce que fait Scaile Up, pour qui, où, et surtout ce qui est vérifiable : l’organisme de formation enregistré sous le n° 11 77 07640 77, certifié Qualiopi depuis le 21/03/2022, le téléphone, l’adresse des treize fiches services, celle des guides OPCO. Un moteur qui hésite entre deux sources cite celle qui lui donne des faits datés et attribuables.

La deuxième : des données structurées JSON-LD sur chaque page article, service et formation. Du balisage invisible pour le visiteur, lisible par la machine, qui permet à un moteur de savoir qu’un texte est un article, écrit par qui, à quelle date, sur quel sujet.

La troisième, la plus lente : 31 articles publiés sur le blog, dont un par jour depuis fin août, écrits, illustrés et mis en ligne automatiquement chaque matin. Coût marginal d’un article de plus : le temps de la relecture. Pas un clic acheté.

Maintenant, l’honnêteté qui manque dans la plupart des articles sur le sujet : je ne peux pas vous dire combien de fois ChatGPT nous cite. Personne ne le peut aujourd’hui — il n’existe pas d’équivalent de la Search Console pour les moteurs conversationnels, et les outils qui prétendent le mesurer extrapolent à partir de quelques requêtes types. Méfiez-vous de quiconque vous annonce un pourcentage. Ce que je sais, c’est ce que ça a coûté : une heure pour le fichier, une demi-journée pour le balisage, et le reste, c’est de l’écriture.

Le test à cinq questions, avant de payer quoi que ce soit

Je l’ai publié ici le 1er septembre et il n’a pas pris une ride en une semaine. Ouvrez votre site sur votre téléphone — pas sur l’ordinateur, c’est là que se passent la plupart des visites — et répondez sans vous ménager :

  • 1. En cinq secondes, sans faire défiler : comprend-on ce que vous faites, pour qui, et dans quelle zone ?
  • 2. Y a-t-il une action évidente, visible sans défiler, autre que « nous contacter » en haut à droite ?
  • 3. Trouve-t-on une preuve concrète — avis, cas chiffré, réalisation datée — avant le pied de page ?
  • 4. Le site répond-il aux trois questions qu’on vous pose au téléphone : prix, délai, zone d’intervention ?
  • 5. Savez-vous, chiffre en main, combien de demandes ce site a générées le mois dernier ?

Ce que je ferais si j’avais 400 € à mettre cette semaine

Chaque « non » au test ci-dessus est une fuite, et chacune se répare séparément. Un « non » à la question 5 disqualifie d’office la campagne : sans mesure, vous ne saurez même pas si elle a marché, et vous la reconduirez au feeling.

Alors voilà mon avis, et il est discutable : la publicité dans ChatGPT sera un bon canal pour les TPE, mais pas ce trimestre. Pas tant que l’inventaire se limite aux comptes gratuits, pas tant que la plateforme est en bêta, et surtout pas tant que la page d’arrivée perd 99,5 % des visiteurs qu’on lui envoie. Le jour où votre site convertit à 3 %, revenez-y : le même budget rapportera quatre fois plus, et vous saurez le dire avec un chiffre.

Le geste de cette semaine tient en cinq minutes : ouvrez votre site sur votre téléphone, lancez le chronomètre, répondez à la question 1. Si la réponse est non, vous venez de trouver où mettre vos 400 €.

Si vous préférez que quelqu’un fasse passer le test avec vous et vous dise quoi réparer en premier, l’audit de 30 minutes est gratuit, sur scaileup.com/contact.

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