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Google va couper sa recherche aux écoles qui refusent son IA : refuser ne vaut rien si vous ne pouvez pas partir

Mardi 3 novembre, le vice-président éducation de Google annonce que les élèves d’une école qui bannit l’IA n’auront plus accès à la recherche. Vos logiciels font déjà la même chose, à plus petite échelle. La grille des outils soudés et le message à envoyer à vos fournisseurs.

4 novembre 2026 · 6 min de lecture

Automatisation et IA

Mardi, une phrase de vice-président a tout déclenché

Mardi 3 novembre 2026, Chris Phillips, vice-président de Google pour l’éducation, explique au New York Times ce qui attend une école qui bannit l’IA : ses élèves « will not have access to search », ils n’auront plus accès à la recherche, et verront un message de leur établissement leur disant que le service n’est pas disponible. Près de deux devoirs sur trois utilisent un produit Google dans les écoles américaines, selon un rapport de Schoolytics de 2023 cité par NBC News.

En une journée, le sujet a fait 602 points et 427 commentaires sur Hacker News, et un grand syndicat d’enseignants américain a réagi. Randi Weingarten, présidente de l’American Federation of Teachers, reproche à Google d’avoir fait passer ses intérêts commerciaux avant l’éducation des enfants. Josh Golin, de l’association Fairplay, l’accuse de vouloir forcer la main aux écoles.

Vous n’êtes pas une école. Mais ma thèse, et vous pouvez la contester, vous concerne directement : refuser l’IA d’un fournisseur ne vaut rien si vous ne pouvez pas partir. Et le jour où vous voulez refuser, il est trop tard pour préparer la sortie.

Ce que Google a vraiment annoncé, et ce qui a bougé dans la journée

Le texte de Chris Phillips, cité par NBC News, dit ceci : l’accès à Gemini, Gemini Notebook, Gemini in Classroom et Google Search sera entièrement coupé pour les comptes élèves, jusqu’à ce que l’administrateur de l’école l’active. Le changement commence début 2027, selon Dexerto, et revient sur une décision d’août qui activait d’office des fonctions d’IA dans Classroom. Sur le papier, c’est ce que réclamaient les associations : l’IA éteinte par défaut.

Le piège est dans la liste. La recherche y figure au même titre que le chatbot. « Search and A.I. are deeply integrated », dit Chris Phillips, et Crypto Briefing rapporte qu’aucun réglage ne permettra de couper seulement les résumés générés par l’IA. Or Los Angeles a décrété un moratoire sur l’IA générative début septembre, et le comté de Frederick l’a interdite de la maternelle à la terminale le 7 octobre.

Après la publication, Google a précisé à NBC News qu’une école pourra activer la recherche sans les produits Gemini, ce qui donnerait aux écoles « more choice, not less ». Mais la recherche ainsi activée garde ses résumés. Le choix réel d’une école qui a banni l’IA est donc celui-ci : une recherche avec de l’IA dedans, ou pas de recherche du tout. Google promet les détails dans les prochains mois. Une réserve : je n’ai pas pu lire l’article du New York Times en entier, je m’appuie sur NBC News et Dexerto, qui le citent.

Vous avez déjà vécu la même scène, sans lettre ouverte

Le 15 janvier 2025, Google a supprimé son option Gemini à 20 dollars par mois et par personne pour l’intégrer à Workspace, avec une hausse de prix : Business Standard est passé de 12 à 14 dollars, « only $2 more », écrit Google, selon 9to5Google. Pour une équipe de 10 personnes, cela fait 240 dollars de plus par an. L’article ne mentionne aucune case pour garder l’ancien prix sans l’IA. La somme est faible. Le geste compte davantage : l’IA n’est plus une option que vous achetez, c’est une partie de l’abonnement que vous avez déjà.

Microsoft est allé plus loin avec les particuliers en Australie. Microsoft 365 Personal est passé de 109 à 159 dollars australiens par an, soit 45 % de plus, avec Copilot inclus. Selon le gendarme australien de la consommation, l’ACCC, qui a porté plainte, environ 2,7 millions d’abonnés n’ont pas été informés qu’ils pouvaient garder une formule « Classic » sans IA, à l’ancien prix. En novembre 2025, Microsoft s’est excusé et a proposé des remboursements : « In hindsight, we could have been clearer », selon iTnews. La procédure était toujours en cours à cette date, et je n’ai pas trouvé de décision depuis.

Trois affaires, deux fournisseurs qui disent que vous avez le choix. Dans les trois cas, refuser coûte plus cher que d’accepter, en argent, en temps ou en service perdu.

Comment on reconnaît une fonction soudée

Une fonction ajoutée se coupe. Une fonction soudée, non. Je regarde trois signes. Elle est arrivée sans ligne à part sur la facture. Le réglage est global, tout ou rien pour l’entreprise, pas par personne. Et la couper retire autre chose : une fonction que vous utilisiez avant, ou un service entier, comme la recherche pour ces écoles.

Les écoles américaines ne peuvent pas partir d’un claquement de doigts parce que leurs devoirs, leurs comptes et leurs ordinateurs passent par le même fournisseur. Regardez votre messagerie, votre agenda, vos documents, votre logiciel de facturation. La question n’a rien de philosophique : combien de jours vous faudrait-il pour en changer ?

La grille des outils soudés, à copier

Un tableur suffit. Une ligne par logiciel dont vous ne pouvez pas vous passer une semaine, avec ces cinq colonnes :

  • Colonne 1, l’outil et son prix par poste : par exemple Microsoft 365 Business Standard, 13,10 € HT par mois depuis le 1er juillet 2026, ou Google Workspace Business Standard, à vérifier sur votre dernière facture.
  • Colonne 2, l’IA ajoutée depuis 2024 : son nom, sa date d’arrivée, et si elle est activée chez vous aujourd’hui.
  • Colonne 3, l’interrupteur : par personne, pour toute l’entreprise, ou aucun.
  • Colonne 4, ce que vous perdez en la coupant : rien, une fonction, ou le service entier.
  • Colonne 5, le délai pour partir, en jours : préavis du contrat, export des données, formation de l’équipe. Mesuré, pas estimé.

Le message au fournisseur, et le test du départ

Pour remplir les colonnes 2 à 4, envoyez ceci : « Bonjour, pour notre abonnement à [outil], merci de me confirmer par écrit : 1, quelles fonctions d’IA sont actives sur notre compte ; 2, si elles peuvent être coupées par personne ou seulement pour toute l’entreprise ; 3, ce qui cesse de fonctionner si nous les coupons ; 4, si le prix change dans ce cas ; 5, si nos données servent à entraîner vos modèles, et où ce réglage se trouve. Merci de répondre avant vendredi. »

Pour la colonne 5, un test vaut mieux qu’une estimation. Si vous êtes chez Google, Google Takeout est gratuit et exporte vos mails, agendas et documents : lancez-le sur votre propre compte et notez l’heure de fin. Le test ne remplace pas une migration, il vous donne une première mesure réelle.

Ma règle : aucun interrupteur et plus de trois mois pour partir, la ligne passe en rouge. Une ligne rouge ne veut pas dire « partez ». Elle veut dire que ce fournisseur peut changer ses conditions et que vous les accepterez. Le seuil de trois mois est mon avis, pas une norme. Mais lisez la colonne 5 avant la prochaine reconduction, parce que c’est le seul moment où votre réponse pèse.

Où je ne suis pas d’accord

On lira que Google est simplement cynique. Je suis plus nuancé sur un point : éteindre l’IA par défaut pour des élèves vaut mieux que la décision d’août, et Google corrige ici quelque chose. Je ne crois pas en revanche à l’argument technique. Google citait lui-même cet été son filtre « Web » parmi ses garde-fous, selon PBS NewsHour, et ce filtre affiche des résultats sans résumé. Une recherche sans résumé existe donc déjà. Ne pas la proposer aux écoles est une décision, pas une contrainte.

Et je vends de l’automatisation avec de l’IA : je n’ai aucun intérêt à vous dire de la refuser. Je vous conseille même de l’utiliser là où elle se mesure. Ce que je refuse, c’est qu’elle soit décidée par une ligne de conditions d’utilisation que personne chez vous n’a lue. Reste une limite à mon raisonnement : cette annonce porte sur les comptes scolaires, et rien n’indique que Google compte traiter les entreprises de la même façon.

Votre geste pour lundi

Remplissez une seule ligne de la grille, celle de votre messagerie, puis lancez l’export de votre propre compte et notez l’heure. Si vous ne savez pas le lancer, vous avez déjà la réponse à la colonne 5.

Si vous voulez automatiser sans vous lier les mains, c’est le premier point qu’on regarde dans nos missions d’automatisation des processus : des outils qu’on peut quitter.

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